Forum Empire 1804

Le forum de la Grande Armée

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#1 02-06-2011 20:42:33

l'Empereur
SMIR Napoléon
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Cérémonial militaire

Strictement rien à voir avec l'Empire, mais c'est assez étonnant comme images, car elles montrent un cérémonial militaire particulier...

Il s'agirait de la cérémonie de fermeture de la frontière entre l'Inde et le Pakistan, qui se tient tous les jours...

http://www.wimp.com/indiapakistan/


Le bien du peuple n'est pas dans le cri de la masse, mais dans le coeur du prince

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#2 05-06-2011 19:12:39

l'Empereur
SMIR Napoléon
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Re: Cérémonial militaire

Il y aussi ça :

http://sorisomail.com/email/16993/exibi … divel.html

Nous avons un peu de boulot avant d'obtenir la même chose pour nos manoeuvres....


Le bien du peuple n'est pas dans le cri de la masse, mais dans le coeur du prince

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#3 28-09-2013 12:36:15

COLBERT
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Re: Cérémonial militaire

Apparemment, la première vidéo ne marche qu'avec Adobe Flash Player, déconseillée pour sa vulnérabilité......et qu'on nous invite à télécharger depuis ce site pakistanais, ce dont je me méfie particulièrement.

Dernière édition de: COLBERT (28-09-2013 12:36:33)


Général Edouard COLBERT

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#4 02-10-2013 21:53:15

COLBERT
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Re: Cérémonial militaire

Bizarrement , aujourd'hui ça fonctionne.....


Général Edouard COLBERT

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#5 15-07-2015 22:44:15

LaSaussaye
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Re: Cérémonial militaire

Effectivement, Sire, le cérémonial de la première vidéo est bien celui de la fermeture quotidienne de la frontière indo-pakistanaise.

Ce cérémonial est à la fois extrêmement marqué, dans les deux camps d'ailleurs, par les anciennes traditions de l'armées des indes et par l'animosité permanente qui existe entre les deux Etats à la suite de la partition de 1947.

Mais je ne voudrai pas commettre un "hors sujet" en me lançant dans un blabla peu intéressant sur le contexte !

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#6 26-07-2015 15:35:36

l'Empereur
SMIR Napoléon
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Re: Cérémonial militaire

mais du tout, au contraire, le sujet est ici intéressant !


Le bien du peuple n'est pas dans le cri de la masse, mais dans le coeur du prince

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#7 28-07-2015 21:17:24

LaSaussaye
Soldat
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Re: Cérémonial militaire

Je suis confus !

Pour poser le décor de cette étrange situation, il est utile de remonter un peu dans le temps.

Comme vous le savez, l'Angleterre a réellement commencé à prendre le contrôle du sous-continent indien après la bataille de Plassey, lors de la guerre de sept ans.

Je commet cependant une erreur en parlant de l'Angleterre : c'est la compagnie des indes orientales, qui, nolens volens, est devenue en quelques décennies la seule société commerciale privée de l'histoire à avoir gouverné une région immense, avec ses administrateurs et sa propre armée.

Le véritable fondateur de ce qui allait devenir le Raj a été le Gouverneur Général nommé par la compagnie en 1798 : c'était un certain Richard Wellesley, qui se fit accompagner là-bas de son jeune frère Arthur ...

La compagnie dispose donc d'une armée. Celle-ci est pour le moins étrange.

Si en effet l'essentiel des troupes est constitué d'engagés locaux qui sont recrutés dans les nations considérées comme "martiales" du sous-continent : Sikhs, Pachtouns, Rajpuths auxquels viennent rapidement s'adjoindre des mercenaires népalais, les célèbres Gurkhas, l'encadrement est pour sa part composé d'officiers britanniques sous contrat.

En fait et assez rapidement au cours de la première moitié du XIXème siècle, une part de plus en plus importante du corps des officiers britanniques part servir aux Indes, salariés par la compagnie.

Des troupes européennes sont également présentes : certaines sont formées de volontaires sous contrat, d'autres sont des unités régulières mises à disposition par la Couronne (ainsi du 79th, dont le départ de Gibraltar dans les années 1820 donnera lieu à la composition de l'une des plus belles marches écossaises).

Tout l'ensemble colonial en train de se créer manque voler en éclats lors de la "grande mutinerie" de 1857, que nous connaissons sous le nom de "révolte des cipayes".

Les évènements terribles de 1857/1858 (qui méritent d'être racontés) ont pour conséquence le dessaisissement de la compagnie par la Couronne du contrôle des Indes.

Le premier ministre Disraeli réalise un coup de maître en 1878 quand il fait proclamer la Reine Victoria Impératrice des Indes.

C'est aussi l'âge d'or de la belle armée des indes, belle et extrêmement puissante.

A la fin du XIXème siècle, elle regroupe plus de 420 000 hommes, ce qui en fait la plus grande armée permanente du monde après l'armée russe.

On comprend pourquoi Disraeli avait dit à un Bismarck éberlué : "Vous croyez, Excellence, que l'Angleterre est une puissance européenne ? Vous faites erreur, elle est une puissance asiatique."

Au début du XXème siècle, Kitchener, le vainqueur des derviches à Ondurman en 1899, devient commandant en chef de cette armée des indes, et décide de la scinder en deux éléments.

Il y aura dorénavant l'armée anglaise en Inde, et l'armée indienne proprement dite.

Cet ensemble combat évidemment pendant la première guerre mondiale, en envoyant des troupes en Europe et sur les champs de bataille de Palestine.

On peut voir près de Béthune, dans le nord de la France, au lieudit "la bombe", un stupéfiant mémorial des troupes indiennes, avec coupole et statues de tigres du Bengale.

Cependant, au sein du Raj, des forces se développent qui tendent à l'indépendance. Elles sont essentiellement trois :

- le parti du congrès, très politique, qui trouvera bientôt son leader avec Jawaharlal Nehru

- la ligue musulmane, qui pour sa part est bientôt menée par Muhammad Ali Jinnah, lequel veut à toute force créer un Etat musulman

- et un homme seul. Enfin, seul dans un premier temps car des millions d'êtres humains vont le suivre : Gandhi, le Mahatma (la grande âme) qui déploiera contre l'occupant britannique l'arme fatale de la non-violence

Lorsqu'éclate la seconde guerre mondiale, les forces politiques internes à l'Inde sont devenues telles que Londres et le Vice-Roi doivent composer.

Un accord tacite intervient alors : les indiens soutiendront de toutes leurs forces l'effort de guerre britannique, à la condition qu'on parle ensuite d'indépendance.

L'armée indienne devient alors, avec 2,5 millions d'hommes, la plus grande armée de volontaires du monde.

Elle est toujours composée essentiellement des fameuses ethnies "martiales" que privilégiaient les généraux de la compagnie des indes cent ans avant. Ses régiments sont donc formés de troupes, soit hindoues, soit musulmanes, encadrées toujours par nos officiers anglais. Ils se couvrent de gloire pendant la campagne de Birmanie en refoulant les japonais jusqu'en Indochine française.

Lord Mountbatten, en prenant le commandement de la XIVème armée qui fera la campagne birmane, aura ce mot exceptionnel :"On me dit que vous vous inquiétez, que vous pensez qu'en Angleterre on ne pense pas à vous, qu'on vous a oublié ? Je tiens à vous rassurer : là-bas, on ignore que vous existez !"

Après la défaite de l'Allemagne, et surtout du Japon pour le theâtre extrême-oriental, il est temps de faire les comptes.

Lord Mountbatten revient en Inde avec le titre, qu'il sera le dernier à porter, de Vice-Roi des Indes. Il est envoyé par Londres pour liquider le Raj.

Mais il est très surpris, le cher homme, de tomber dans un marigot politique que ne désavouerait pas les chambres : parti du congrès et ligue musulmane sont en pleine crise, et leurs leaders respectifs prennent à témoin l'élégant anglais.

Nehru veut à tout prix préserver l'unité de l'inde anglaise, et Jinnah veut toujours, et de plus en plus, son état musulman.

Mais comment créer cet Etat ? S'il est vrai que deux régions sont en majorité musulmane : le nord-ouest à la frontière afghane et le nord-est, le Bengale à l'autre extrémité septentrionale du sous-continent, ce qui déjà ne facilite pas les choses, des millions de musulmans et d'hindous vivent étroitement imbriqués et en relativement bonne intelligence dans tout le Deccan.

Mountbatten se rapproche de Gandhi, dont les conseils de bonté et de bon sens n'aboutissent qu'à son assassinat par un jeune activiste musulman.

Le sous-continent se met à bouger dangereusement, et l'administration coloniale anglaise, qui range ses machines à écrire, n'est plus en état de rien faire.

Malgré la colère de Nehru, Mountbatten et ses conseillers décident de faire ce que font au même moment, avec les mêmes catastrophiques résultats, leurs collègues en Palestine : la partition.

Cette partition de 1947 sera un désastre humain. Elle fera un million de morts, provoquera le déplacement de millions de malheureux transportés de force vers "leurs" régions religieuses alors qu'on les arrache à leur terre ancestrale.

Mais Jinnah a son Pakistan.

La partition est organisée dans des conditions qui font rougir.

Le prince Narendra Singh, fils du Maharadjah de Sarila, est alors officier d'ordonnance du Vice-Roi. Dans ses mémoires passionnants ("une jeunesse indienne", publiés en français aux éditions Payot) il raconte dans quelles conditions ahurissantes le découpage géographique se fait : à bout d'arguments, épuisés, les anglais débouchent plusieurs bouteilles de whisky, et c'est à moitié ivres qu'ils jettent le sous-continent dans le désastre en découpant la carte à grands coups de stylos hésitants.

Ce découpage aboutit donc à la création d'un Pakistan bipartite (le Bengale s'en détachera au cours d'une guerre sanglante au début des années 1970 et deviendra le Bangladesh) et à celle de l'Union Indienne, qui hérite de dizaines de Maharadjahs complètement dépassés par les évènements qui vont les engloutir.

L'armée indienne est également atomisée : les régiments qui ont fait la guerre coude à coude s'observent, puis se toisent, puis vont bientôt se retourner les uns contre les autres, hindous et sikhs contre musulmans, sous les yeux de leurs officiers anglais, navrés et impuissants de voir s'effondrer la belle armée des indes.

Mais ces régiments ont été profondément marqués par le drill et le protocole britanniques. C'est ainsi qu'aujourd'hui encore pakistanais et indiens ont des pipe bands régimentaires.

C'est aussi pour cette raison que chaque jour, à la frontière indo-pakistanaise, a lieu cet étonnant cérémonial ou, sous les cris enthousiastes mais aussi haineux des spectateurs, des représentants des deux armées, descendants de la grande Armée des Indes, se livre à un drill impeccable puis se toisent violemment : les deux puissances, devenues nucléaires, n'ont pas fini hélas de régler les comptes de 1947 ...

Je suis désolé d'avoir été aussi long, mais j'espère que ce laïus vous aura intéressé !

Dernière édition de: LaSaussaye (28-07-2015 21:18:42)

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#8 30-07-2015 19:40:47

l'Empereur
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Re: Cérémonial militaire

Et bien ! merci pour cet exposé précis !


Le bien du peuple n'est pas dans le cri de la masse, mais dans le coeur du prince

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#9 31-07-2015 18:04:53

LaSaussaye
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Re: Cérémonial militaire

Merci beaucoup !

Dans cette période ou, par la force des choses et du bicentenaire, la personnalité d'Arthur Wellesley (bien connu de nos services) fait l'objet d'une certaine curiosité, je me permet de conseiller la lecture d'un livre surprenant : "le moghol blanc" de William Dalrymple - publié en France aux éditions Noir sur Blanc.

Cet ouvrage consacré au Lord Résident d'Hyderabad, James Kirkpatrick, dans les années 1800/1805 évoque longuement les deux frères Wellesley.

Il permet de mieux cerner la francophobie militante de Richard Wellesley, mais aussi de découvrir l'étrange situation du Deccan dans les années 1795, quand l'armée d'Hyderabad disposait de troupes formées à la française par des officiers acquis aux idées de la Révolution pendant que d'autres, au sein de la confédération Marathe, étaient commandées par un aristocrate resté fidèle aux Lys.

Le tout sous le regard appuyé des résidents anglais dont le but premier était de définitivement extirper toute présence française en Inde.

J'avance avec passion dans cet ouvrage, et j'y découvre qu'en 1798 les anglais de la Compagnie n'ont pas rigolé, mais alors là pas du tout quand ils ont appris que le Général Bonaparte venait d'arriver en Egypte.

Avec plusieurs dizaines de milliers de cipayes commandés par le Général Raymond à Hyderabad, et Tippu Sultan (que nous connaissons plutôt sous le nom de Tipoo Sahib) à Misore avec ses propres conseillers français, les anglais ont sincèrement cru que ça pouvait rapidement sentir la fumée pour eux aux Indes.

Finalement, et comme d'habitude, les français (à l'exception de Bonaparte lui-même et de ceux qui étaient alors à l'ile Maurice, en lien avec les alliés indiens) ont été les seuls à ne pas y croire ... hallucinant quand on y pense.

Dernière édition de: LaSaussaye (03-08-2015 21:43:18)

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#10 04-10-2015 00:53:53

LaSaussaye
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Re: Cérémonial militaire

Je reviens un instant sur ce sujet.

En effet, l'armée anglaise, qui avait envoyé quelques régiments réguliers en Inde, décida de renforcer sa présence après Waterloo dans le sous-continent.

C'est ainsi qu'en 1819 le régiment écossais 79th, le célébre "black Watch", qui était en garnison à Gibraltar, reçut l'ordre d'embarquer pour les Indes.

Son pipe major composa alors une marche d'adieu de son régiment à Gibraltar.

Cette marche est encore aujourd'hui considérée comme l'une des plus belles jamais composées, c'est aussi la première qui regroupa les instruments militaires classiques d'un régiment et les "pipes", les cornemuses écossaises :

https://www.youtube.com/watch?v=JFuUkObf4d8

Il fallut en effet attendre encore près de quarante ans, après la guerre de Crimée, pour que soient constitués les premiers "pipe bands" régimentaires.

Le premier pipe band civil fut constitué en 1860; cette formation existe toujours.

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