Forum Empire 1804

Le forum de la Grande Armée

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#1 20-11-2009 14:53:17

l'Empereur
SMIR Napoléon
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La couronne du sacre

La couronne de sacre de l'Empereur, fondue en 1819, était une couronne de laurier entièrement en or, composée de 44 grandes feuilles, 12 plus petites et 42 graines.

Ce bel objet n'a pas été conservé. La voici toutefois revenue parmi nous :

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Une précision : l'objet ici présenté est en cuivre doré à l'or fin, et pèse environ 500 grammes. L'échelle est évidemment de 1.
La masse volumique du cuivre est de 8 920 kg/m3, celle de l'or est de 19 300 kg/m3, soit 2,16 fois plus.
La couronne du sacre devait donc peser 1081 g, soit plus d'un kilo d'or.


Le bien du peuple n'est pas dans le cri de la masse, mais dans le coeur du prince

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#2 20-11-2009 15:22:55

Lieutenant"lebelge"
Soldat
Localisation: Belgique
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Re: La couronne du sacre

Magnifique chef-d'oeuvre d'orfèvrerie Sire , un très beau travail d'artisan


Honneur et Fidélité
Vive l'Empereur , Vive la nation

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#3 21-11-2009 16:41:11

Turos M. J.
Caporal
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Re: La couronne du sacre

Sire
Vraiment le chef-d'oeuvre.
Mes felicitations

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#4 06-03-2012 14:52:27

l'Empereur
SMIR Napoléon
Localisation: Aux Tuileries
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Re: La couronne du sacre

Après quelques feuilletages et réflexion au sujet de la couronne du sacre, voici ce que je me dis (je vais être long, je vous aurai prévenu) :

La question posée est : «David a-t-il eu l’intention, dans son dessin initial (donc les études préparatoires + le «repentir» ou «fantôme» du tableau de représenter Napoléon se couronnant lui-même» ?

Ma réponse est clairement négative.

David, tant dans les dessins préparatoires que sur le dessin initial du tableau, que l’on distingue maintenant très bien par réapparition de la couche inférieure, a d’abord représenté Napoléon, après l’instant de son couronnement, brandissant la couronne de Joséphine.

Voici ma démonstration :

1/°Sur le nombre d’objets «couronnes» présents à la cérémonie, nous n’avons guère de débats me semble-t-il : il y en a eu trois :

a. La couronne dite «de charlemagne», refabriquée totalement par Biennais, portée sur un coussin par le maréchal Kellerman, et conservée de nos jours au Louvre. Cette couronne, au rôle strictement symbolique de rattachement de l’empire de Napoléon au trône impérial du roi carolingien de l’an 800, n’a pas bougé de son coussin durant toute la cérémonie, comme d’ailleurs les autres régalias (le sceptre, la main de justice et l’épée du vieux souverain). Cette couronne n’a d’ailleurs pas reçu la bénédiction du pape.

b. La couronne de laurier de l’Empereur, founie par Biennais (qui l’a facturé 8 000 F . Cette couronne est en or massif, constituée de 44 grandes feuilles, 12 plus petites et 42 graines. Elle pèse environ 1 kg. Cette couronne sera déposée parès le sacre au Trésor de Notre-dame, et exposée au public pendant l’empire. Elle sera fondue par la Monnaie de Paris sur ordre de Louis XVIII en 1823.

c.La couronne de l’Impératrice Joséphine, en or, pierreries et perles, fournie par Marguerite, joaillier de la couronne (rue St Honoré à Paris), lequel a également fourni la parure de Joséphine. Cette couronne est d’un dessin classique, fermée par huit arcs d’or incrustés de pierres précieuses et surmontée d’un globe crucifère. Cette couronne sera également déposée à notre-dame après la sacre et, comme le reste, fondue en 1823, les pierres récupérées et réintégrées aux Joyaux de la Couronne.

Le procès-verbal du sacre est extrêmement précis dans les gestes accomplis, qui ont tous une signification symbolique, et il est facile, dans ce texte de dénombrer les couronnes utilisées.

Il est ainsi totalement improbable et surtout gratuitement hypothétique, de penser qu’il eu pu exister une quatrième couronne, au modèle inconnu, dont personne n’aurait parlé et que personne n’a jamais représentée, laquelle aurait servi au geste ultra-symbolique du couronnement du souverain.

Il y a ainsi, et ce fait paraît bien établi, trois couronnes au sacre du 2 décembre 1804, deux seulement ayant été techniquement utilisées.

2/°La cérémonie du couronnement d’un monarque est évidemment très codifiée et constitue un ensemble de gestes symboliques qui permet à l’autorité religieuse suprême – le pape – de conférer la dignité impériale ou royale à un souverain qui porte déjà son titre (le roi de France est déjà roi à son sacre, puisqu’il devient instantanément roi à l’instant du décès du précédent).
Le sacre et/ou le couronnement d’un monarque, qu’il fut empereur ou roi, permet donc, comme pour le baptême, la communion, le mariage ou l’enterrement, de donner un «sacrement» à une qualité déjà détenue.
Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Sacre
«Le sacre est une cérémonie religieuse conférant à un souverain un caractère sacré (parfois même divin), le distinguant ainsi des autres laïcs. Cette sacralisation la rend ainsi distincte du couronnement.
Couronnement : une cérémonie pendant laquelle on remet une couronne, en général à un roi, prince ou seigneur.»
Napoléon est empereur depuis le 18 mai 1804.
J’aime bien cette anecdote (qui n’est peut être justement qu’une anecdote) : Au matin du 19 mai 1804, Constant, son valet, viendra le réveiller et, comme tous les matins, Napoléon lui demandera l’heure. «il est 7 heures, sire», répondra alors Constant, qui devenait ainsi le premier homme à le nommer par son nouveau titre impérial.
Bref, Napoléon est juridiquement empereur des Français depuis le 18 mai 1804, mais il n’est ni sacré, ni couronné.
On peut d’ailleurs être roi sans être sacré et couronné (voyez Louis XVIII, qui sera roi du 8 juillet 1815 au 16 septembre 1824 sans sacre.
Napoléon sera quant à lui sacré et couronné le 2 décembre 1804 à la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Il sera sacré par le pape Pie VII, et couronné par lui-même.
Dans une cérémonie de sacre et couronnement, chaque geste est très codifié, chaque objet à une signification.
Chaque regalias (couronne, sceptre, main de justice, anneau, globe du monde, épée et manteau) sera donc béni individuellement par le pape et ensuite remis à l’Empereur ; on nomme cette remise physique la «tradition des regalias».
La tradition des regalias, les saintes onctions, le couronnement, le serment, tous ces gestes sont codifiés et n’ont pas la même signification.
Il est ainsi évident que, d’une part, le procès-verbal du sacre ne peut qu’être précis sur l’ensemble de ces gestes, et que, d’autre part, rien n’a été laissé au hasard où à l’improvisation dans cette cérémonie.
Ce n’est d’ailleurs pas parce que l’on porte une couronne que l’on est couronné : l’Empereur arrive à Notre-Dame en portant sa couronne de laurier sur sa tête ; tandis que Joséphine porte son diadème, mais pas sa couronne.
Ainsi, Napoléon porte-il déjà sa couronne de laurier, mais il n’est pas couronné.
De même, l’Empereur entre à Notre-Dame, déjà revêtu de son grand habillement et portant son anneau, son sceptre et sa main de justice.
Tout cela a une signification précise : Il vient chercher le sacre, la bénédiction et le couronnement mais il est déjà Empereur, il porte avec droit les insignes impériaux (alors que le roi entrait en petit costume et que le pontifical romain, exigait sur le plan cérémonial que le roi entre dans l’église «vestibus militaribus indutus», c’est à dire en costume militaire, pour ressortir revêtu des ornements royaux.)
L’impératrice qui entrera dans la cathédrale avant l’empereur (l’impératrice est 25ème dans le cortège, l’empereur est 66ème) porte également le grand habillement, son diadème, mais pas de couronne ni d’anneau (elle ne porte donc qu’un seul des regalias qui sera béni, le manteau impérial).
Peut-être est-ce parce qu’elle n’est pas encore impératrice ? le sénatus-consulte du 18 mai 2004 ne donne pas de statut juridique à Joséphine, et elle n’est impératrice que par le biais de son époux. Il est ainsi sûrement nécessaire qu’elle soit couronnée et reçoive, des mains de son époux, ses regalias personnels, à savoir la couronne et l’anneau.
La symbolique commence ainsi dès l’arrivée du souverain : napoléon est empereur et en porte les insignes. Il vient seulement chercher la consécration.

3/°L’instant du couronnement est donc très important, d’un point de vue de la symbolique. On est sacré par la bénédiction papale et les saintes onctions, tandis que l’on est couronné par le geste qui consiste à poser le bijou couronne, préalablement béni, sur la tête du souverain.

Ainsi, la cérémonie du 2 décembre est-elle découpée en plusieurs phases :

a.    Arrivée des souverains, en grand habillement, Napoléon portant l’intégralité de ses regalias (sauf le globe impérial ; probablement pour une raison purement technique, ayant déjà les deux mains prises par le sceptre et la main de justice)

b.    Début de la messe, l’Empereur prie brièvement et les souverains se défont de tous les ornements (ce «déshabillage» est très précisément décrit en page 12 & 13 du Grand Livre du Sacre). Le récit détaille l’ordre dans lequel est déposé sur l’autel ces objets : la couronne, l’épée, lamain de justice, le sceptre, le manteau de l’empereur, l’anneau, le collier, le globe, la couronne de l’impératrice (le PV du sacre la désigne bien comme telle), son manteau et son anneau.

c.    Seulement revêtu de sa tunique brodée d’or, Napoléon et Joséphine s’agenouille devant Pie VII, lequel les bénis, en prononçant la triple bénédiction du cérémonial de Reims : «nous vous prions de bénir votre serviteur Napoléon, que nous allons couronner empereur. Nous vousprions de bénir et élever votre serviteur Napoléon, que nous allons couronner empereur. Nous vous prions de bénir, élever et consacrer que nous allons couronner empereur.»

d.    Pie VII procède ensuite aux saintes onctions : seulement 3 pour Napoléon, sur le front et les deux mains, au lieu des 7 réglementaires, et à des endroits peu pratiques : jointure de la main droite, jointure du coude et entre les deux épaules. L’impératrice reçoit les mêmes onctions, mais avec une oraison différente. Derrière le pape, sur l’autel, sont posés les regalias, dont les deux couronnes sur des coussins (par exemple : gravure du livre du sacre).

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A cet instant, tant l’empereur que l’impératrice ne portent pas de couronne.

e.    Une fois les saintes onctions accomplies, la messe de la Vierge est entamée, tandis que les souverains sont retournées sur leur petit trône. Le pape a ensuite béni les ornements impériaux, dans l’ordre suivant : l’épée, les manteaux, les anneaux, les couronnes et le globe.

f.    Ces bénédictions effectuées, les deux souverains sont revenus devant l’autel et il a été procédé à la «tradition» des ornements impériaux, c’est à dire à la remise physique de chaque objet entre les mains de l’Empereur.

Cette «tradition» est, de la même façon, très précisément détaillée : c’est des mains même du pape que l’Empereur reçoit d’abord l’anneau, son épée (qu’il remet au fourreau), sont manteau (qui est attaché par Talleyrand et Caulaincourt), le globe (que l’empereur ne garde pas en mains et remet immédiatement à un grand officier de la couronne), la main de justice et le sceptre.

Muni de ces ornements, l’Empereur fait alors sa prière. Pendant ce temps de prière, le pape remet à Joséphine les ornements de l’Impératrice qui sont au nombre de deux : son anneau et son manteau.

On voit que cette «tradition» est précise et codifiée. Chaque objet est un symbole, et clairement attribué. L’Empereur a 6 ornements, l’Impératrice 2.

g.    L’Empereur donne ensuite sa main de justice à Cambacérès et le sceptre à Lebrun (on comprend les raisons très pratiques : l’empereur ne peut procéder aux couronnements avec dans les mains ces deux ornements).

h.    Napoléon monte alors vers l’autel et se saisit de la couronne. Le Livre du Sacre nous dit : «l’Empereur (…) est monté à l’autel, a pris la couronne et l’a placé sur sa tête».

Il est exact que le livre du sacre ne dit pas «la couronne de laurier». Mais on ne peut douter un instant qu’il s’agit bien de la couronne de laurier, laquelle est toujours désignée dans les textes de l’époque par «la couronne» étant précisé que cette identification est très claire dans les gravures officielles du livre du sacre. On voit mal d’ailleurs quelle couronne aurait pu utiliser à ce moment précis qui constitue le couronnement : celle de charlemagne ? on sait qu’elle n’a pas bougé de son coussin. Celle de l’Impératrice ? cela n’aurait eu aucun sens symbolique pour l’Empereur de se couronner avec le bijou de sa femme !

Sur cette même gravure officielle, on voit d’ailleurs parfaitement la couronne de l’impératrice, posée sur un coussin.

Nous savons qu’il n’y a pas de quatrième couronne, Napoléon n’a donc pu accomplir le geste rituel du couronnement qu’avec sa couronne personnelle, à savoir celle de laurier réalisée par Biennais.

Le livre du sacre est précis à ce sujet, et comporte sept tableaux descriptifs, dont le quatrième est nommé «description du quatrième tableau, représentant le couronnement de l’empereur».

Logiquement, il est évident que la pose de la couronne aurait du intervenir autrement : l’empereur à genoux devant le pape, le souverain pontife élevant la couronne au-dessus de la tête du souverain et lui posant solennellement sur la tête.

On sait que Napoléon, tenant sa couronne de lui-même et du peuple français, n’a pas voulu cette procédure. Le texte des archives secrètes nous dit : «l’Empereur désire que cette cérémonie – du couronnement – n’ait lieu qu’après la tradition de l’épée, de la main de justice, du sceptre, du manteau et de l’anneau. Il désire également prendre la couronne, pour éviter toute discussion entre les grands dignitaires de l’Empire, qui prétendrait la lui donner, au nom du peuple. Il pense que sa sainteté bénissant la couronne, en prononçant une prière pendant que l’empereur la met sur sa tête, est censé respecter suffisamment l’ancien cérémonial. Aussi, se servira-t-on de la prière du cérémonial français Coronet vos deus etc. parce que les mots acipe coronam etc. qui sont dans le pontifical romain, ne peuvent plus convenir, si l’empereur prend lui-même la couronne».

couronnementnapolon.jpg

Le livre du sacre nous dit ainsi, sous le quatrième tableau (ci-dessus) : «La cérémonie des onctions étant finie, le souverain Pontife a commencé la messe ; après le chant du Graduel, il a béni les ornemens (sic) impériaux et les a remis à l’Empereur, qui s’en est revêtu, est monté à l’autel et s’est couronné. C’est le moment exprimé dans le tableau».

Les choses sont ainsi bien claires : la description et l’image que nous voyons est celle de l’instant T du couronnement de l’Empereur, à savoir le geste symbolique de la pose de la couronne du monarque sur sa tête.

Napoléon a saisi la couronne de laurier, et face au public, l’a élevé de la main droite au-dessus de sa tête, la main gauche sur son épée (ce qui donne également plusieurs symboles : il a gagné sa couronne par la gloire militaire, il défendra cette couronne par la force de l’épée) et l’a ensuite déposé sur sa tête.

Devant lui, agenouillée, attend l’impératrice, laquelle a son diadème mais, évidemment, sans couronne.

Cet instant très précis est celui du couronnement.

Ce n’est pas cet instant qui est représenté dans les dessins préparatoires de David, ni dans le «repentir» du tableau. C’est une absolue certitude, dans la mesure où ces dessins préparatoires nous montrent l’Empereur une deuxième couronne à la main, déjà couronné de laurier.

Si l’Empereur s’était couronné, même symboliquement, avec une seconde couronne (laquelle ?), on ne peut douter un instant que ces gestes très symboliques auraient été détaillés dans le livre du sacre et dans le PV.

Si nous voulions considérer que la couronne de laurier n’est pas la couronne du couronnement en  lui-même, cela supposerait que l’Empereur aurait remis sa couronne de laurier sur sa tête en même temps que ses ornements impériaux (ce qui n’est donc pas dit dans la narration officielle), serait monté à l’autel, coiffés des lauriers, pour saisir une autre couronne impériale (laquelle ??) et l’aurait alors posé sur sa tête, étant précisé que les gravures officielles de l’époque, réalisées par des témoins oculaires et validées par l’Empereur représentent au contraire l’Empereur se couronnant avec sa couronne de laurier.

Il paraît ainsi acquis, et surtout parfaitement logique du point de vue du cérémonial, que Napoléon se soit couronné, au sens du geste symbolique, avec sa couronne personnelle, à savoir sa couronne de laurier réalisée dans ce but par Biennais.

L’iconographie, qu’elle soit contemporaine, officielle ou postérieure, représente l’Empereur se couronnant avec sa couronne de laurier.

napocouronnenement1.jpg

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A ce stade, nous pourrions remarquer que Napoléon n’a pas suivi ce processus le 26 mai 1805 pour être couronné roi d’Italie à Milan.

Lors du couronnement italien, Napoléon disposait de deux couronnes : l’une royale, également fabriquée spécialement pour l’Empereur et l’autre, la couronne traditionnelle des rois de Lombardie.
Napoléon a accomplit le geste du couronnement non avec sa couronne royale de roi d’Italie, mais avec la couronne des rois Lombard.
Là encore, il existe une explication symbolique : la couronne des rois Lombards, qui n’est donc pas celle, personnelle, de l’Empereur, a une très forte charge symbolique, puisqu’elle est probablement la plus ancienne couronne de roi d’Europe, toujours conservée au Duomo de Monza.
Il était donc logique, Napoléon devenant un nouveau roi lombard, d’accomplir le geste du couronnement avec la couronne officielle de ces rois.
Rien de semblable en France, puisque aucune couronne «officielle» n’existait (celle dite de charlemagne était elle-même une copie faite par Biennais) et, surtout, qu’il était nécessaire de marquer la rupture avec le régime royal : Napoléon ne devenait pas, en tout cas sur le papier, un nouveau «roi de France» il était Empereur des Français, chose toute différente.

i.    Voilà donc Napoléon couronné, avec sa couronne de laurier sur la tête. Il va maintenant procéder au couronnement de l’Impératrice.

Le livre du sacre nous dit : «il – l’Empereur – a pris dans ses mains celle de l’Impératrice, est revenu se mettre auprès d’elle, et l’a couronnée».

La encore, les choses sont bien claires : l’empereur prend la «couronne de l’impératrice» et non «une couronne impériale». Il s’agit bien de la couronne personnelle à l’impératrice, confectionnée par le joaillier de la couronne Marguerite, celle en or à huit arcs, ornée de pierres et de perles.

C’est la couronne que David représente très clairement dans son tableau :

couronnedejosphine.jpg

C’est cette couronne que l’iconographie officielle nous montre sur la tête de l’impératrice :

josphinesacre2.jpg

josphinesacre.jpg

josphinesacre3.jpg

Cette couronne, personnelle à Joséphine, vient s’enchâsser (comme on le voit ci-dessus) derrière son diadème.

L’impératrice garde ensuite cette couronne sur la tête pendant le reste de la cérémonie (qui n’est pas terminée, puisqu’il nous reste le moment de la prestation de serment).

Si nous voulions supposer que l’Empereur a utilisé une «couronne impériale commune», nous aurions un cérémonial bien étrange (et surtout non rapporté dans le texte officiel) : l’empereur, déjà coiffé de sa couronne de laurier, monte à l’autel, saisit cette « couronne impériale commune», et la pose sur sa tête. Il la reprends ensuite, et la pose sur celle de Joséphine. Les deux souverains retournent ainsi à leur trône, la couronne impériale du couronnement sur la tête de Joséphine et non sur celle de l’empereur ! (à moins qu’il ne la lui reprenne ??).

Hypothèse étrange, et surtout qui ne s’appuie sur aucun élément concret.

Mais alors, quel geste représente ici David ??

06525463.jpg

Car nous sommes bien obligés de constater que le livre du sacre ne décrit pas ce geste.

Il ne s’agit pas de l’instant du couronnement, nous l’avons vu. Napoléon, à ce moment précis, est déjà couronné ; il ne se couronne pas deux fois (si tel était le cas, le rapport officiel nous le dirait !).

Le dessin final de la couronne, mais également le dessin préparatoire, nous montre qu’il s’agit de la couronne de Joséphine, que l’empereur a brandie un instant au-dessus de sa tête (encore symboliquement : en tenant ainsi la couronne de son épouse au-dessus de sa tête d’empereur, il lui conférait la dignité impériale). Il n’a pas posé cette seconde couronne sur sa tête. Le geste est strictement symbolique.

Pourquoi ce geste n’est-il pas décrit dans les textes officiels ? je ne sais pas.

Soit ce geste n’a pas existé et est seulement issu du cerveau de David comme représentation artistique d’un moment fort de la cérémonie, celui où l’empereur, qui vient de se couronner lui-même, s’apprête à couronner sa femme, soit ce geste a bel et bien été fait (ce qui paraît quand même logique puisque David en a fait le croquis sur place, durant la cérémonie) et qu’il a été intégré par le rédacteur dans la phrase : «il a pris dans ses mains celle de l’Impératrice, est revenu se mettre auprès d’elle, et l’a couronnée».

Finalement, l’artiste «effacera» son premier dessin et le tableau du sacre représentera l’instant précis du couronnement de Joséphine. Ce tableau n’en reste pas moins celui du sacre de l’Empereur Napoléon, mais l’image est celle du couronnement de l’Impératrice.

De tout ceci, nous pouvons dire, et la logique du cérémonial est respectée, que tant Napoléon que Joséphine avaient leur couronne personnelle, qu’ils ont été couronnés respectivement avec chacun leur propre couronne et qu’il n’y a pas de «couronne impériale commune».

Ainsi, ma conclusion est que David n’a jamais voulu représenter Napoléon se couronnant lui-même ; ce n’est pas ce qu’il a d’abord dessiné sur le tableau du sacre.

David a d’abord voulu représenter l’Empereur brandissant la couronne de Joséphine ; alors qu’il avait déjà reçu sa propre couronne.


Le bien du peuple n'est pas dans le cri de la masse, mais dans le coeur du prince

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#5 21-10-2013 14:53:21

BIENNAIS
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Re: La couronne du sacre

Exposition NAPOLEON à Astana/Kazakhstan en décembre 2013... une couronne de lauriers qui y aurait bien sa place!


Monsieur BIENNAIS, conservez cette feuille de laurier en souvenir de votre maladresse...

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#6 23-10-2013 09:30:55

l'Empereur
SMIR Napoléon
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Re: La couronne du sacre

C'est une magnifique réalisation sortie de vos ateliers mon cher !


Le bien du peuple n'est pas dans le cri de la masse, mais dans le coeur du prince

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#7 19-12-2015 17:39:49

COLBERT
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Re: La couronne du sacre

IL N'Y A PLUS AUCUNE IMAGE DANS CE POST.

Dernière édition de: COLBERT (19-12-2015 17:40:12)


Général Edouard COLBERT

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